Guépards du Bénin

Guépards du Bénin : plus personne ne comprend Gernot Rohr

Deux ans et demi après son arrivée à la tête des Guépards du Bénin, Gernot Rohr continue de diviser. Malgré la qualification du Bénin pour la CAN 2025, après deux éditions manquées, le sélectionneur allemand peine à convaincre la majorité du public sportif. Ses choix techniques, ses déclarations en conférence de presse et l’identité de jeu proposée soulèvent de nombreuses interrogations à l’approche d’une compétition où le Bénin risque d’affronter l’un des groupes les plus relevés.

Un mérite indéniable, mais des résultats récents inquiétants

Il faut reconnaître à Gernot Rohr d’avoir ramené le Bénin à la Coupe d’Afrique des Nations, et d’avoir laissé entrevoir un rêve mondial, même si l’aventure vers la Coupe du monde 2026 s’est brutalement arrêtée face au Nigeria, avec un lourd revers 4-0. Mais depuis cette élimination, les Guépards ne rassurent plus.

La défaite sans appel (3-0) contre le Burkina Faso, en match amical, a renforcé les doutes. En deux rencontres, le Bénin affiche un bilan alarmant :0 victoire, 0 nul, 2 défaites,7 buts encaissés et 0 but marqué. Les prestations affichées sont jugées très faibles, et les carences se répètent.

Un secteur offensif stérile et un milieu sans créativité

Le problème offensif persiste depuis plusieurs rassemblements. Malgré la présence de joueurs prometteurs, Rohr continue de s’appuyer sur des éléments qui n’apportent plus satisfaction, à l’image de Jodel Dossou. À l’inverse, des joueurs comme Olatoundji Tessilimi, impressionnant lors des oppositions internes, n’obtiennent quasiment aucun temps de jeu.

Le milieu de terrain, essentiellement défensif, ne parvient pas à tenir le ballon ni à organiser le jeu. Les profils comme Sessi d’Almeida, Dodo Dokou ou Hassane Imourane sont jugés trop limités pour le football moderne. Plusieurs observateurs s’interrogent sur l’absence d’opportunités données à Ghislain Ahoudo ou Samadou Attidjikou, pourtant plus à l’aise dans la relance.

Une défense fébrile et aucun gardien rassurant

Derrière, la situation n’est guère plus reluisante. Rachid Moumini ou encore David Kiki restent en difficulté, La charnière Verdon – Tijani manque de stabilité, Allagbé et Dandjinou ne dégagent pas une pleine confiance. Rohr ne parvient pas à corriger ces failles récurrentes.

Des choix tactiques contestés et une gestion humaine décriée

Le sélectionneur a également été critiqué pour sa gestion des joueurs. Il convoque régulièrement 24 à 25 éléments, mais n’en utilise réellement qu’une quinzaine. Les jeunes talents ne sont pas testés, même en amical, alors que la CAN approche à grands pas.

L’exemple le plus marquant reste celui de Jordan Lawson et Adam Akimey, restés sur le banc contre le Burkina Faso. Interrogé en conférence de presse sur leur absence, Rohr a répondu : « Ce n’était pas un match pour eux. Lawson est un peu jeune, c’était pour apprendre. Il est plutôt destiné aux U20. Akimey, il y a encore du travail, je ne vois pas encore ce qu’il peut nous apporter. Le retour de Steve Mounié va être indispensable. » Une sortie qui a choqué plus d’un, jugée méprisante pour des joueurs qu’il a lui-même sélectionnés… sans leur offrir la moindre minute pour les évaluer.

À un mois du début de la CAN au Maroc, les inquiétudes grandissent. Le Bénin a hérité d’un groupe extrêmement relevé avec : la RD Congo, demi-finaliste de la dernière CAN et encore en course pour la Coupe du monde, le Sénégal, champion d’Afrique 2021 et favori du tournoi.

À l’heure où la sélection devrait dégager une identité et une dynamique positive, c’est plutôt la confusion qui domine. Selon des informations rapportées par Le Pays Émergent ce matin, le président de la FBF, Mathurin De Chacus, serait même allé jusqu’à réclamer la démission de Gernot Rohr

À quelques semaines du grand rendez-vous continental, la tension monte autour des Guépards. Le Bénin se retrouve face à un défi immense : retrouver de la cohésion, de la créativité et de la sérénité, tout en espérant que Gernot Rohr corrige enfin ses choix tactiques et ses hésitations.
Faute de quoi, la CAN 2025 pourrait rapidement se transformer en cauchemar.

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