C’est l’image qui restera à jamais associée à la CAN 2025. Une action figée dans le temps, vue par la planète entière, et qui continuera de hanter le football marocain pendant de longues années. Après une fin de match totalement chaotique, Brahim Diaz avait le destin de tout un peuple à ses pieds.
Nous sommes dans le temps additionnel de la finale face au Sénégal. Après l’intervention de la VAR, un penalty est accordé au Maroc. Une décision controversée qui provoque la colère des Lions de la Teranga, lesquels quittent la pelouse pour protester. Il faudra près de quinze minutes de tension extrême pour que les Sénégalais acceptent finalement de reprendre le jeu.
Quinze minutes d’attente interminables. Quinze minutes durant lesquelles Brahim Diaz, meilleur buteur de la compétition, se retrouve face à l’histoire. Un but, et le Maroc tient enfin sa CAN, cinquante ans après son dernier sacre. Le moment est immense, l’enjeu colossal.
Au lieu d’assurer, l’attaquant du Real Madrid opte pour une panenka. Un geste aussi audacieux que mal exécuté. Édouard Mendy, imperturbable, anticipe parfaitement et capte le ballon. Le stade est sous le choc. Personne ne comprend. Certains se demandent même, dans la stupeur générale, si le tir n’a pas été volontairement manqué pour éviter une polémique encore plus grande.
Une hypothèse immédiatement balayée par le portier sénégalais. « Vous croyez qu’après 50 ans d’attente, on allait s’entendre ? Il voulait marquer et je l’ai arrêté. Fin », lâche froidement Édouard Mendy après la rencontre.
En larmes quelques instants plus tard, Brahim Diaz vit un cauchemar éveillé. Walid Regragui le remplace rapidement, visiblement agacé par la tentative de son joueur dans un moment aussi décisif. Le public marocain, lui, ne pardonne pas. Le Maroc s’incline finalement, et lors de la cérémonie de remise des trophées, lorsque Brahim Diaz est appelé pour recevoir son prix de meilleur buteur de la compétition, il est conspué par une partie du stade.
Un symbole cruel.
En conférence de presse, Walid Regragui tente de contextualiser sans excuser : « On a arrêté le match aux yeux du monde pendant au moins dix minutes… Ça n’a pas aidé Brahim. Ce n’est pas une excuse sur la façon dont il a tiré. Mais on ne va pas revenir en arrière. On était à un penalty du sacre, c’est comme ça. »
Sur les réseaux sociaux, la sentence est immédiate. Brahim Diaz est la cible de milliers de commentaires, venus aussi bien de supporters marocains que sénégalais, moqueurs ou implacables. Celui qui était considéré comme le meilleur joueur de cette CAN 2025, héros annoncé d’un peuple en quête de gloire, a vu toute sa compétition basculer sur un seul geste.