Ce mercredi marque un tournant majeur pour l’Olympique Lyonnais. Le club rhodanien est auditionné par la DNCG, le gendarme financier du football français, dans un contexte de crise profonde. En jeu : l’avenir immédiat d’un géant historique du football hexagonal, déjà menacé de rétrogradation administrative en Ligue 2 après une première décision inquiétante en juin dernier.
Depuis plusieurs mois, l’OL vit au rythme des turbulences : décisions contestées, finances instables, communication floue… et désormais, une inquiétude généralisée. Le club tente de convaincre la DNCG de sa viabilité, mais les doutes ne cessent de s’amplifier, autant chez les instances que chez les supporters.
Une dette colossale et des questions sans réponse
Si les difficultés connues – dette exponentielle, dépendance aux ventes de joueurs, flou sur les financements – suffisent déjà à alarmer, ce sont surtout les nombreuses zones d’ombre qui plongent l’OL dans une situation critique. Selon Le Progrès, l’audition de ce mercredi pourrait être décisive non seulement pour l’avenir du club en Ligue 1, mais aussi pour sa survie économique.
Au cœur des préoccupations : la structure Eagle Football, propriétaire de l’OL. Pilotée par John Textor via sa société Eagle Football Holding Bidco (EFH), enregistrée à Londres, cette entité n’offre aucune transparence financière, contrairement à la filiale française cotée en bourse. Aucun bilan, aucune communication sur les ressources, aucun éclaircissement sur l’actionnariat : une opacité qui inquiète profondément la DNCG.
EFH avait promis en 2024 un apport de 100 M€ via une introduction à la Bourse de New York au début de 2025. Mais en ce mois de juillet, cet engagement semble avoir été abandonné. Résultat : la trésorerie stagne hors de France, et les promesses restent sans exécution.
Des flux financiers opaques entre Lyon, Botafogo et Molenbeek
Autre sujet d’inquiétude : les interconnexions financières entre l’OL et les autres clubs du groupe Eagle, notamment Botafogo au Brésil. La création d’« OL Brésil », censée rembourser plus de 8 M€ au club français, ainsi que des transferts de joueurs via des montages complexes, ont semé le trouble. Des rumeurs d’affacturage favorable au club carioca soulèvent même des soupçons d’utilisation détournée des ressources lyonnaises.
Dans le même temps, la stratégie de « recentrage sur l’équipe masculine » promise par Textor s’est traduite par une vente massive d’actifs : cession d’OL Féminin à Michele Kang, d’OL Reign, puis de la LDLC Arena – des opérations ayant rapporté plus de 134 M€, voire près de 150 M€ selon certaines estimations.
Mais malgré ces entrées financières conséquentes, la dette de l’OL a encore grimpé, atteignant 505 M€ au 30 juin 2024 (contre 458 M€ un an plus tôt), officiellement à cause d’un refinancement à 5,83 %… un paradoxe pour une opération censée alléger les charges.
Face à ces incohérences, les supporters grondent et les instances s’interrogent. L’audition devant la DNCG est capitale. Car une rétrogradation en Ligue 2 ne serait pas seulement un coup dur sportif : elle menacerait l’équilibre économique du club, déjà fragilisé.
La question centrale reste posée : les fonds générés par l’OL servent-ils réellement à renforcer le club, ou sont-ils redirigés pour soutenir d’autres entités de l’empire Eagle Football ? Tant que la lumière ne sera pas faite sur la gestion de John Textor, l’avenir de l’Olympique Lyonnais restera suspendu à une ligne rouge : celle de la confiance.